La destruction de la forêt de Khimki et la répression qui l’entoure sont devenus des événements de portée internationale. Les autorités locales de Khimki, l’entreprise de travaux publics française Vinci, les partenaires commerciaux russes ainsi que les ministères et les officines de sécurité de la Fédération de Russie ont tous montré que ce qui les intéressait dans cette affaire, c’était leurs intérêts mesquins, leurs profits commerciaux.

Lorsque les droits sociaux et environnementaux des habitants sont régulièrement bafoués, lorsque les forces de l’ordre du pays prennent leur revanche sur des mobilisations populaires et des actions de désobéissance, et ce avec l’approbation (même implicite) des multinationales, la réponse est une mobilisation qui se manifeste à l’échelle mondiale.

Les journées d’action des 17-20 septembre en ont été une illustration parfaite : en effet, au cours de ces 4 jours, des militants (auxquels se sont joints des gens qui se sentaient concernés par la situation des deux antifascistes russes) ont mené pas moins de 36 actions de solidarité dans 32 villes, de douze pays différents. À Salonique (Grèce), à Berlin, Hambourg, Bochum, et Düsseldorf (Allemagne) ; à Seattle (États-Unis) : à Cracovie (Pologne) ; à Kiev, Kharkov, Ternopil et Zaporojie (Ukraine) ; à Lucerne (Suisse) ; à Istanbul (Turquie) ; à Londres (Grande-Bretagne) ; à Stockholm (Suède) : à Rome (Italie) et à Copenhague (Danemark). À Paris (France), Athènes (Grèce) et New York (États-Unis), il y a même eu deux actions. En Russie, il y a eu des mobilisations à : Ijevsk, Irkoutsk, Kazan, Saratov, Cheboksary, Moscou, Petrozavosk, Saint-Pétersbourg, Omsk, Tyumen et Yaroslav (avec, dans certaines villes, deux actions). Il y a eu aussi des actions à Mexico City, à Budapest et à Ufa, pour lesquelles il n’y a pas encore de photos ou de compte rendus publiés sur Internet.

Notons enfin que fin août, début septembre, avant le lancement officiel de la campagne, des actions spontanées ont eu lieu à Tel Aviv, Paris, Berlin, Moscou, Kiev, Minsk, Saint-Pétersbourg et Ijevsk.

À côté de ces actions, de nombreux fax, courriers et e-mails de protestation ont été envoyés à Medvedev, aux procureurs et aux juges, par des citoyens lambdas et par des personnalités russes ou étrangères. Plus de 700 cartes postales ont également été collectées par les militants russes au moment des rassemblements qui ont eu lieu en Russie puis elles ont été apportées au siège de l’administration présidentielle. À ce jour, on sait que la juge Galanova, en charge du dossier d’Alexeï, a répondu à un courrier envoyé par la CNT-AIT de Madrid.

De fait, les actions brutales de l’administration locale de Khimki et de la police russe ainsi que la légèreté de la justice russe (déclaration officielle au sujet de l’absence de présomption d’innocence) ont encore une fois renforcé à l’étranger l’image d’une Russie autoritaire et répressive, contre laquelle on pourrait envisager des sanctions, tout comme on pourrait sanctionner les entreprises étrangères qui participent à ce jeu violent.