Sept mois ont passé depuis le début de «l’affaire des incendies» en Belarus. Pendant tout ce temps, nos amis et nos camarades sont restés derrière les barreaux. Ayant commencé avec la détention de militants de tendances politiques radicalement différentes en septembre l’année dernière, l’affaire touche à sa fin ; c’est sur le point de passer devant les tribunaux. Aujourd’hui, 7 personnes incriminées dans “l’affaire des anarchistes” sont emprisonnées.
Mikalai Dziadok est accusé de
-l’organisation en septembre 2009 d’une manifestation illégale anti-militariste contre une manoeuvre coordonnées des armées Russe et Belarusse lors de laquelle un État Major Interarmées avait été attaqué avec un fumigène;
-l’attaque d’un casino à Minsk en décembre 2009 pour dénoncer les inégalités sociales grandissantes;
-une attaque contre le siège de la Fédération des Syndicats le 1er mai, dont le communiqué expliquait que l’État et la Fédération des Syndicats organisent l’exploitation des travailleurs au lieu de défendre leurs droits, tout en les empêchant de s’organiser entre eux et de faire grève.
Mikalai risque 10 ans de prison.
Ihar Alinevich est accusé de :
-l’attaque de l’ambassade de Russie en Août 2010, en solidarité avec les défenseurs de la forêt de Khimki ;
-l’organisation de la manifestation anti-militariste ;
-l’attaque du casino à Minsk ;
-l’attaque d’une agence de la Belarusbank le 1er mai pour protester contre le système financier mondial ;
-l’attaque contre le centre de détention en septembre 2010 réclamant la libération tous les détenus.
Ihar risque 12 ans de prison.
Aliaksandr Frantskevich est accusé de :
-participation à la manifestation anti-militariste illégale ;
-l’attaque d’un commissariat à Soligorsk lors des journées d’actions contre la police ;
-le piratage du site municipal de Novopolotsk. Aliaksandr risque 10 ans de prison.
Quant à l’attaque du siège du KGB à Bobruisk qui a eu lieu en octobre 2010 en solidarité avec les inculpés de septembre, désormais Jauhen Vas’kovich, Artsiom Pratapenka et Pavel Syramolatau sont aussi impliqués dans l’enquête. Ils risquent chacun 12 ans de prison.
Il faut souligner qu’initialement, les prévenus étaient seulement accusés d’hooliganisme, qui dépend de l’article 339.2 du code pénal Belarusse et de ce fait, implique jusqu’à 6 ans de prison. Au cours de l’enquête, des chefs d’inculpations ont été rajoutés pour chacun des inculpés, ce qui a permis de changer de niveau. Il est désormais question de destruction volontaire de biens privés (article 218.2(3)) qui implique des peines allant jusqu’à 12 ans de prison.
De plus, toutes les preuves reposent sur les témoignages de deux «témoins» qui ont eux même participé aux actions en question mais n’ont jamais été accusés. Au cours de l’enquête, plus de 50 personnes ont été interrogées et 14 personnes ont passé de 3 à 28 jours en détention. Toutes ces personnes dénoncent des pressions psychologiques extrêmement dures et même dans certains cas des pressions physiques.
Aujourd’hui, la plupart des inculpés prennent connaissance des derniers faits qui leur sont reprochés. Les audiences vont vraisemblablement commencer fin avril/début mai. C’est pourquoi nous lançons un appel à des journées d’actions du 12 au 15 mai 2011. D’une part contre les accusation injustes, d’autre part pour la solidarité avec les anarchistes Belarusses.
Nous encourageons TOUTES sortes d’actions de solidarité, l’implication des défenseurs des droits de l’Homme, ainsi que la diffusion d’information au sujet de la répression en Belarus.
Anarchist Black Cross
Belarus belarus_abc(a)riseup.net
Cette brochure a été produite comme support a la tournée infotour en soutien à l’ABC Belarus. Elle tente, en compilant textes sur la répression, sur les actions de solidarité, sur le mouvement anarchiste biélorusse et interviews, de donner un état des lieux sur la situation de nos camarades. la version imprimable est là
Au centre de Moscou, sur la place de Pouchkine, une manifestation autorisée a eu lieu, regroupant 500 défenseurs de la forêt Khimki. Ils étaient soutenus par des écolos, des antifascistes, des défenseurs de la Moscou « ancienne » et par d’autres activistes.
Evguenia Tchirikova, chef du mouvement « Pour la défense de la forêt de Khimiki », a exigé la démission des fonctionnaires qui avaient initié la construction de l’autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg passant par la forêt.
Lundi 4 avril, dans le cadre de la semaine d’action et de solidarité avec
les « otages » de Khimki, nous (une vingtaine de personnes) avons interrompu
la très lisse soirée d’inauguration de la 17e semaine de la langue et de
la culture russes qui se tenait à la Maison de l’International, à
Grenoble.
Alors que le remplaçant de Michel Destot (maire de Grenoble) avait fini
son discours d’ouverture, le consul de Russie, en provenance de Lyon,
s’apprêtait à prendre la parole… quand deux personnes sont montées sur
l’estrade et ont déployé une banderole en solidarité avec la lutte menée à
Khimki et contre la collaboration de l’entreprise française Vinci dans la
déforestation et le projet d’autoroute Moscou-Pétersbourg, banderole
écrite en russe !
Au même moment, quelques panneaux « Free Denis » étaient brandis, et des
tracts étaient distribués à toutes les personnes présentes pour cette
soirée prout-prout.
Les représentants du consulat de Russie et de la Ville de Grenoble ont été
pris à partie, ceux-ci cherchant bien sûr à esquiver le sujet et à
terminer au plus vite cette perturbation plutôt gênante pour l’image
aseptisée de la bonne entente franco-russe mêlant Etats et entreprises
privées.
Après plusieurs minutes de désordre joyeux, tandis que les pontes de la
soirée ne savaient plus trop comment se débarrasser de nous et avaient
déjà appelé les flics à la rescousse, nous avons décidé de quitter les
lieux, desquels nous n’avions rien à attendre, en criant « Liberté pour
Denis ».
Le message est passé, et s’il le faut nous reviendrons.