Premier récit des militants du camp antinucléaire
A l’aube du 21 juillet, le camp où nous dormions a été brutalement attaqué. Quelques salauds ont soudainement fait dégringoler et brulé nos tentes, ont volé nos affaires et nous ont tabassés a coup de pied, de battes, de marteaux et de triques pendant notre sommeil en nous traitant de merde antifasciste. La cruauté de leur agression montre sans aucun doute que ce n’était pas l’initiative de simples hooligans mais l’action de véritables nazis.

Il faut vraiment souligner la longue absence de la police qui a mis plus d’une heure et demie pour arriver sur les lieux et ses tentatives de nier l’existence de groupes nazis à Angarsk auxquelles s’ajoutent les demandes pressantes des représentants de la police et du bureau du procureur aux participants au camp de ne pas faire de scandale et de ne pas parler aux journalistes. Mais nous ne pouvons pas rester silencieux car l’indignation et le désir de vengeance nous submergent.
La nuit dernière, nous avons perdu un camarade : Ilya Borodaenko, un anarchiste de 21 ans, membre de l’action autonome de Nakhodka est mort des suites du traumatisme cranien provoqué par les coups reçus. Cette nuit là, lui et deux autres participants au camp étaient de garde et Ilya a été le premier à faire face à la racaille nazie. D’autres camarades ont été hospitalisés dans un état grave avec des commotions cérébrales et des fractures des bras et des jambes.

Nous n’oublierons rien et nous ne pardonnerons pas la mort d’Ilya Borodaenko à ses assasins (indépendamment du succès ou de l’échec de l’enquète officielle conduite par le sytème répressif à propos du crime). Nous n’arrêterons pas l’activité de notre camp environnemental de protestation, nous n’arrêterons pas notre lutte contre la peste fasciste et la Mafia nucléaire, contre les idées autoritaires et la vermine raciste et contre tout ce qui détruit la nature et la vie humaine. Aujourd’hui nous sommes affligés. Demain nous continuerons notre lutte.
A propos du campement antinucléaire
Le campement antinucléaire a débuté le week end dernier à Angarsk en Sibérie pour protester contre l’installation d’un centre d’enrichissement d’uranium. La première réaction des autorités a été d’emprisonner illégalement 10 personnes dès le 14 juillet. Les personnes incarcérées ont été relachées au bout de quelques heures après avoir été menacées et fichées.

Les militants antinucléaires sont en train de nouer des contacts avec la population locale et de construire le camp. Depuis la fin de cette semaine, des stands d’informations sont organisés quotidiennement dans toute la ville pour sensibiliser la population aux risques encourus. Depuis deux jours, divers services de sécurité harcèlent et menacent les campeurs, notamment pour savoir quelles sont les actions prévues …
Dernières infos
Selon un des militants, les skinheads criaient « anti-anti-fascistes » et « pour la droite ». Un d’entre eux aurait ajouté en partant : « la prochaine fois, nous vous tuerons ».
Une dizaine de militants antinucléaires ont été grièvement blessés au cours de cette agression et Ilya Borodaenko est décédé à l’hopital des suites de ses blessures.
Il y avait une quinzaine d’agresseurs : treize d’entre eux auraient été identifiés et six seraient d’ores et déjà arrêtés
Le 3 juillet 2007, Maxim Martsinkevich (dit Tesak, ce qui signifie le « tueur »), le chef du groupe néo-nazi Format18, a été arrêté à Moscou.
En avril 2007, Tesak a été accusé d’incitation à la haine (article 282, § 1 du code criminel russe) en particulier lors de son intervention pendant un débat dans un club de Moscou le 28 février 2007. Il risque jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.
Son discours a été étudié par des experts, qui ont constaté qu’il contient des « expressions de nature extrémiste ».
Après le lancement de la procédure, Tesak a été mis sur une liste de personnes recherchées. Cependant, avant d’être arrêté, il avait activement participé à un certain nombre de manifestations, y compris la célébration de l’anniversaire d’Hitler.
L’arrestation de Tesak coïncide avec les débats en cours de discussion à la Douma (le parlement russe), relatifs aux nouveaux amendements à la législation contre les extrémistes.
04.07.2007
Source Sova Center
Traduction SRA