Le 19 juin 2007, à Moscou et à Saint Pétersbourg, plusieurs verdicts ont été rendus dans des affaires criminelles contre des extrémistes de droite.

A Saint Pétersbourg le jury a jugé un groupe de jeunes hommes coupables du meurtre de Roland Epassak, un citoyen du Congo, poignardé à mort en septembre 2005. Ce verdict a été rendu en appel. Le 25 juillet 2006, un premier jury avait acquitté les quatre suspects qui avaient été relachés, mais le procureur avait fait appel de la décision. Au cours du second procès qui s’est tenu suite à l’appel, les quatre néo-nazis ont été reconnus coupables du meurtre avec un motif raciste et condamnés à des peines allant de 7 à 14 ans d’emprisonnement.

À Moscou, trois skinheads, membres de l’Union Slave néo-nazie, ont été condamnés pour « hooliganisme avec préméditation, blessures volontaires et agression ». Ils étaient accusés d’avoir agit dans le cadre de l’agression des jeunes antifascistes, Alexandre Ryukhin, qui a été poignardé à mort, et Egor Tomsky, qui a été également attaqué mais qui a survécu à ses blessures. Ils ont été condamnés à des peines allant de 4,5 ans à 6 ans de prison.

Ainsi, personne n’a été condamné pour le meurtre lui-même. Trois autres néo-nazis n’ont toujours pas été arrêtés mais sont sur une liste fédérale de personnes recherchées. Ceux qui ont été condamnés ont été accusés de hooliganisme, c’est à dire une agression avec une arme en tant que telle ou une arme par destination. Les peines (presque) maximales prévues pour ces accusations dans le code criminel russe leur ont été infligées. Toutefois, le verdict ne prend pas en compte la dimension politique parce qu’il n’y a aucune disposition prévue pour la « haine idéologique » dans le code criminel russe (seule la haine fondée sur la race, la religion ou le genre est considérée comme une circonstance aggravante).

Le même jour, la Cour Suprême de Russie a confirmé la condamnation des activistes d’extreme droite Mikhail Klevachov et Vladimir Vlasov dans l’affaire du sabotage du train Grozny-Moscou du 12 juin 2005. Le procès a duré longtemps et a été émaillé de nombreux scandales. Un premier jury les a acquittés de toutes les accusations en novembre 2006, mais ce verdict a été annulé. Le 10 avril 2007, le second jury les a déclarés coupables de tentative de meurtre basé sur la haine ethnique, de terrorisme et d’achat et de détention illégale d’explosifs et les a condamnés à 20 ans et 22 ans d’emprisonnement.

Source : Sova Center

Valentina Uzunova, ethnologue et experte sur l’extrême-droite et l’incitation à la haine raciale en Russie, a été attaquée et battue par une personne inconnue dans les rues de Saint Pétersbourg le 19 juin 2007. Agée de 59 ans, Uzunova a été hospitalisée suite aux coups reçus.

La sacoche d’Uzunova, volée par l’attaquant, contenait vraisemblablement des documents et un rapport sur le cas de Vladislav Nikolsky, qui est accusé d’incitation à la haine raciale. L’attaque a eu lieu la veille du jour où Uzunova devait déposer au procès de Nikolsky, le 20 juin 2007.

Valentina Uzunova est présidente de la Commission de Droits des Minorités à l’Union Scientifique de Saint Pétersbourg. Nikolai Girenko, l’ancien président de la Commission, a été tué à la porte de son appartement à Saint Pétersbourg le 19 juin 2004. Girenko avait témoigné en tant qu’expert dans de nombreuses affaires judiciaires concernant des groupes extrémistes. On pense généralement qu’il a été assassiné en représailles pour ses activités contre l’extrême-droite. En mai 2006, la police a arrêté cinq personnes, arrestations liées à un certain nombre d’affaires à caractère raciste, parmi lesquelles le meurtre de Girenko.

Dmitry Dubrovsky, un autre membre de la Commission de Droits des Minorités avait été agressé à Saint Pétersbourg le 15 novembre 2006.

Source : Sova center